Saint-Florent-sur-Cher

La naissance de Saint-Florent est liée à l’existence d’un gué naturel sur le Cher. Nos ancêtres les Gaulois ont alors pour habitude de s’installer sur des places stratégiques qu’ils aménagent et fortifient.

Il semblent même que le premier village sur la rive droite du cher soit édifié par les Gaulois.

À l’arrivée des conquérants romains, un bourg déjà important est implanté. Ce village prend alors le nom de “ Vicus Auréus ” c’est à dire “ le Bourg Doré ”. Mais des pierres taillées et polies trouvées dans le Cher et l’existence du dolmen “ Pierre de la Roche ” prouvent que la création de notre ville est beaucoup plus ancienne que l’époque Gauloise. De nombreux vestiges ont été découverts, pour la plupart datant de l’époque gallo-romaine : des bijoux, des vases de l’Âge de bronze, des barques monoxyles dans le lit du Cher, une tête en marbre, une urne cinéraire, une statuette de bronze, une borne milliaire. En 1841, sont mis à jour des cercueils du IIIe et IVe siècle. D’autres sont également trouvés en 1860 durant la construction du chemin de fer.

En 1914, des fragments d’objets céramiques sont découverts.

Vers 1100, Vicus Auréus est érigé en paroisse et devient Sanctus Florentius (nom d’un évèque de Bourges du milieu du VIIe siècle).

 

Puis le nom ne cesse de changer :

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- en 1398 Saint-Fleurant,

- en 1405 Sanctus Florencius,

- en 1500 Saint-Flourent,

- en 1513 Saint-Florant,

- en 1599 Saint-Florent-sur-Cher et sur une courte période en 1793 Marat-sur-Cher ; à cette époque beaucoup de communes changaient de nom pour prouver leur patriotisme mais surtout pour pouvoir jouir d’une sécurité relative.

 


 

 

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Son essor

Saint-Florent-sur-cher doit son essor à sa situation géographique et au travail des Romains. L’ancienne route gauloise qui devait aboutir au gué est aménagée par les Romains qui construisent le premier pont sur le Cher.

C’est ainsi que Saint-Florent se trouve située sur une voie importante qui relie Avaricum à Poitiers et Bordeaux en passant par Uxellodunum (Issoudun) et Argentomagus (Argenton) grand carrefour routier de la Gaule.

Le Cher a une part importante dans l’évolution de la ville. Navigable jusqu’en 1735, puis flottable jusqu’en 1855, il favorise le transport de nombreuses marchandises (ardoises, poissons...), la flottaison de bois provenant des forêts de Troncay et de Cérilly et de merrains (bois de chêne utilisé à la fabrication de tonneaux). Des flotteurs de la Marine Royale font escale à Saint-Florent.

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La ville est un lieu de passage stratégique, c’est pour cela qu’en 1904 on compte 3 aubergistes, 4 cabaretiers, 2 boulangers, 2 bouchers, des épiciers, des merciers, des drapiers, des maréchaux-ferrants, des bourreliers, des charpentiers, des charrons et de nombreuses professions pour seulement 600 habitants.

En plus de la voie d’eau et de la route, Saint-Florent peut aussi compter sur la richesse de son sous-sol pour son développement économique.

Dès l’occupation romaine, des forges à bras sont installées et deviennent pour de nombreux siècles la ressource principale des habitants de la région.

Cette industrie métallurgique ainsi que de nombreux moulins à vent et à eau dessinent la vocation industrielle de la ville qui devient vite spécialiste du décolletage (fabrication de pièces usinées les unes à la suite les autres sur un tour parallèle).

 

Son château

Avant de devenir l’un des plus beaux hôtels de ville de la région, le château connait de nombreuses transformations et de nombreux propriétaires.

Autrefois, le Château était une petite forteresse sous forme d’un rectangle avec une grande cour centrale représentant une superficie de 17ares. L’entrée s’ouvrait au sud-est vers le pont, quatre tours garnissaient les angles et une tour supplémentaire faisait saillie au centre. Chaque tour était reliée par un chemin de ronde.

Aujourd’hui seuls demeurent la chapelle à gauche, la tour à droite et le grand corps de bâtiment face à l’entrée

1200 : Le château appartient au seigneur de la Guerche Jean-des-Barres, fils de Guillaume II qui sauve le roi Philippe-Auguste tombé de cheval à la bataille de Bouvines et petit-fils de Guillaume-des-Barres qui vainquit Richard Cœur de Lion en 1191 à Messines.


1278 : Saint-Florent est vendu à Pierre Leroy, originaire de Bourges. À sa mort, il le laisse en héritage à ses deux fils. C’est son fils Guillaume qui obtient Saint-Florent et Saint-Caprais.


1562 : Le château appartient à Henri II, prince de Condé, ennemi déclaré de Concini et de Marie de Médicis. Il achète Saint-Florent, Baugy, Orval, Culan, Saint-Amand-Mont-Rond, Sancerre et reçoit une pension de un million et demi de livres par la cour pour se tenir tranquille.

Devenu le Prince tout puissant du Berry, il est même nommé gouverneur. Mais quand Richelieu prend le pouvoir, Henri II cesse sa révolte. Sous Louis II de Condé, chef de la Fronde des Princes, le château reçoit une garnison importante et pendant cinq ans, la ville est désolée par la guerre civile et pillée par les troupes royales.


1686 : Le Grand Condé meurt et son fils hérite des biens, mais atteint d’une folie singulière, (il se croyait mort), il ne vivra que jusqu’en 1709.


1729 : Sa fille Louise épouse le comte de Vermandois, Louis de Bourbon. Ils vendent le château à François Thabaud de la Terrée.


1779 : La fille de François Thabaud de la Terrée épouse Pierre de l’Éstang, conseiller du Roi et lieutenant au Bailliage du Berry. Ils vendent le Château à Charles-Joseph Patissier, Marquis de Bussy, lieutenant général des armées du Roi qui se couvre de gloire aux Indes et y meurt en 1785.

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1825 : La nièce du Marquis de Bussy, héritère, obtient le divorce (son mari Marquis de Folleville, émigré en 1792, termine comme colporteur en Espagne). Elle vend la terre de Saint-Florent au Marquis de Travenet et au beau-frère de celui-ci M. Longchampy.


1835 : M. Carpentier, roturier, ancien négociant à la Charité-sur-Loire s’offre cette demeure. Sa fille unique épouse M. Brunet, un industriel d’Orléans.


1845 : La mort de M. Carpentier, laisse M. Brunet propriétaire du château qui le transforme de fond en comble en lui donnant l’aspect d’aujourd’hui.


1888-1890 : M.?Brunet et son épouse meurent sans enfants. Leurs héritiers vendent le château au comte de Courcelles.


1899 : Revente à M. Renevey, industriel, qui en fera héritier son gendre M. Malapert.


1936 : La municipalité communiste rachète à

M. Malapert le château et les 13 hectares de parc pour

500 000 F. Il est acquis grâce à un emprunt local avec des actions au porteur et plus de la moitié de la somme avec les économies des habitants. Les grandes fortunes ont boycotté l’emprunt qui est refusé par le gouvernement. Les premiers habitants hébergés par la municipalité sont des réfugiés politiques Espagnols. Le 20 septembre 1936, une grande fête populaire est organisée, devant une foule considérable, les élus du Front Populaire, prennent la parole sur l’escalier d’honneur pour fêter la prise de possession du nouvel hôtel de ville.

 

Son Viaduc

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Ce viaduc a été construit en 1892-1893 pour la ligne stratégique reliant directement les grands établissements militaires de Bourges à l’est et à l’ouest de la France.

Il est en pierre de taille à bossage d’égales dimensions.

Il a 15 arches de plein cintre de 30 mètres d’ouverture et de 25 mètres d’hauteur.

Il passe au-dessus de 2 routes, des 2 bras de la rivière et de l’île qui les sépare.

Les piles, fondées dans l’eau, reposent chacune sur un massif de béton, établi par le moyen de caisson à air comprimé, de 6 mètres de profondeur.

Au dessus de ces piles, le viaduc est percé de part en parc de larges galeries à ciel ouvert.


Cette œuvre est due à

M.DUBREUIL, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées.

M.COMPIN, chef de section, conducteur de travaux

MM. CHAUMONT, GRAVERON, ALARY furent les entrepreneurs.